Click here to load reader

So What la magazine des cultures alternatives

  • View
    216

  • Download
    3

Embed Size (px)

DESCRIPTION

Magazine d'investigation réalisé par les étudiants de l'ISCPA Lyon sur la culture underground

Text of So What la magazine des cultures alternatives

  • NOUVEAU N1

    NajatBelkacem

    Lyon a montrlexemple

    EN IMAGES

    Reportagephotos aucoeur de la

    Friche RVI

    So

    WH

    aT?

    D

    ce

    mb

    re 2

    00

    9

    Quels modlespour les cultures alternatives ?

    Reportage

    EnquteLunderground, entrelgalit et dviance

    Margaux Guignard

    SOWHaT?LE MAGAZINE DES CULTURES ALTERNATIVESDOSSIER

    Un vivier pour ladiversit ?Economie

    GroundZro, visite dun lieuculte lyonnais

  • DITO

    ROMAIN MONNIER

    Dbut des annes 90. La techno music venue de Detroit dferle enmasse dans le sud de l'Angleterre. D'innombrables jeunes serunissent dans des usines dsaffectes pour clbrer cette nou-velle alternative musicale. Parmi les DJs de l'poque, il

    y a Fatboy Slim ou les Chemical Brothers mais aussiProdigy, qui incarne l'nergie dbordante de la rave culture , ou d'autres styles plus alternatifsencore l'instar des Spiral Tribe, pionniers d'une tech-no hardcore et lancinante. En 1992, le sound sys-tem participe au festival de Castlemorton qui attireenviron 30 000 personnes. la fin du festival, lesmembres du Spi sont arrts et inculps sous lacharge de conspiration en vue de crer un trouble l'ordre public . Les Prodigy, malgr un style alter-natif et muscl emprunt au rock-punk comme auphnomne rave, prennent le parti de la lgalit etdu succs grande chelle, vendant quelques 16millions d'albums depuis la fondation du groupe en1990. Les Spiral Tribe quant eux ont import etpopularis en France l'esprit des free party . Deux

    parcours aux antipodes mais pour le moins alternatifs etsurtout transposables toutes formes d'expression culturelle.

    Alors que reprsentent ces cultures alternatives ? Volont d'indpen-dance ? Rejet du capitalisme ? Anticonformisme ? Difficile de les dcrirepuisque, par dfinition, elles s'inscrivent dans le prsent autant qu'elles lefustigent, incarnant une volont constante de se rapproprier et de remo-deler l'espace esthtique ou politique. Vritables miroirs de leur temps,elles s'clipsent sitt repres pour ne pas tre apprhendes et violes.Hakim Bey voquait il y a une vingtaine d'annes dj les zones auto-nomes temporaires pour qualifier ces ractions artistiques qui ne sontpas des rvolutions mais des rvoltes. Fabrice Raffin, sociologue et sp-cialiste de la question, parle lui de changement social immdiat .

    En fin de compte une culture sera alternative partir du moment o sadmarche se nourrira d'innovation, d'exprimentation, et proposera uneautre voie aux phnomnes culturels aseptiss. Elle tentera de repousserles limites artistiques et technologiques, de provoquer voire de choquer.Rgulirement stigmatises, les cultures alternatives sont des lignes defuite, des utopies cratrices phmres sans cesse renouveles.Fourmillement associatif. Mouvements culturels minoritaires. Micro-struc-tures autogres. Elles sont, dans la musique, le cinma ou le thtre,une projection de la portion de libert que chacun de nous, acteur ouspectateur, est prt ou non concder aux sirnes de la standardisation.

    SSo WWHHaTT?47, rue Segent-Berthet69009 Lyonwww.keskiscpass.com

    DIRECTEUR DE PUBLICATION Isabelle Dumas DIRECTEUR DE LA RDACTIONAnne-Caroline Jambaud RDACTEUREN CHEF Romain Monnier SECRTAIRE DE RDACTION Charlotte Rebet CHEF SERVICE WEBJulie Balestreri RDACTION Xavier Alloy, Julie Balestreri, DamienChdeville, Thomas Cisonni, MargauxGuignard, Maud Lpine, RaphalManceau, Isabelle Matera, RomainMonnier, Charlotte Rebet, GuillaumeRochon, Jennifer Simoes.

    CRDITS PHOTOS Artistide Bruchon, Damien Chdeville,Margaux Guignard, Flickr.com,Raphal Manceau, Romain Monnier,Mike Palace, Charlotte Rebet,Guillaume Rochon, le ThtreGrabuge, U-Gomina, la Caravane desdix mots, Emmanuelle Sauzedde.

    REMERCIEMENTS Stan Audouin, Graldine Bnichou,Anthony Berthet, Clment Boghossian,Catherine Bouvard, Jean-FranoisBuir, David Combe, Nicolas Courty,Josef Derens, Antoine Dole, SophieDoucet, Vincent Durlai, EstelleDusquesnois, Sbastien Escande,Clovis Ferr, Damien Grange, AnthonyGuzman, Fred Herzog, FrdrickHoudaer, Thomas Jgu, Jean-MarcLuquet, Fabrice Lextrait, MartineMeirieu, Julie Nicol, Fabrice Raffin,Thomas Riva, Omar Toujid, milieTournaire, Denis Trouxe, Ugo Ugolini,Najat Vallaud-Belkacem, MoncefZediri.

    LA MANIRE DU MAGAZINE MENSUEL SO JAZZ

    Ralis dans le cadre des intensives presse-crite.

    ISCPA - J3 2009/2010

    Lignes de fuite

    22

  • 33

    Diversit culturelleLes phnomnesculturels alternatifsfavorisent-ilslintgration desminorits ? Rponse travers plusieursreportages et linterviewde Najat Belkacem.

    Tracks Lun des directeurs deprogrammation de lmissionhebdomadaire Trackssur Arte revient sur laligne ditoriale dumagazine et dvoileles coulisses desreportages.

    SOMMAIRE

    5 Interview

    8 En couverture

    10 Enqute

    16 Dossier

    04 Panorama

    06 Illgal ?07 Rave party

    12 Nuits sonores

    14 Mdias

    20 Les Beaux-artset lunderground22 Rencontre avec un graffeur23 Le statut dassociations24 GroundZro25 Visite des plus alternatifs recoins lyonnais26 Thtre

    15 Interview

    27 Zoom

    13 Portrait

    30 Nos critiquesRETROUVEZPHOTOS,

    TEXTES, VIDOSkeskiscpass.com

    Fabrice RaffinLe sociologuefranais, spcialistedes mouvements alternatifs berlinois,nous livre son pointde vue sur un thmedifficile cerner.

    Friche RVIPhoto-reportagepour une immersionau coeur du plus underground deslieux lyonnais, quelques semainesde sa probabledisparition.

    Modles conomiquesLes cultures alternatives ont toujours entretenudes rapports ambigusavec le capitalisme.Une philosophie quiimplique des modles conomiques indits.

    Lesprit duhip-hopLe Pockemon Crew,n en milieu alternatif estaujourdhuimondialement titr etreconnu. Lun desmembres revient surles dbuts.

    Fini les CNP ? Considrs pourbeaucoup commesupports de filmsalternatifs, lesCinmas nationauxpopulaires menacentde disparatre Lyon, la ville desfrres Lumire.

    Dans les livres La littraturealternative : sesformes, ses crivains.

    28 Dcryptage

    Livres, musiques,expos... Nostrouvailles vues etinterprtes par lardaction.

    Ces cultures quiprnentlindpendancesont souventmfiantes lgarddes mdias.

  • 44

    L E S M O U V E M E N T S A LT E R N AT I F S N O N T J A M A I S T A U P R E M I E R P L A N D A N S L A C U LT U R ELY O N N A I S E . V I L L E T R O P I N S T I T U T I O N N E L L E , T R O P T R A D I T I O N N E L L E , L A C A P I TA L E D E SG A U L E S N A D A N S S O N H I S T O I R E L A I S S Q U U N E P L A C E I N F I M E L U N D E R G R O U N D . U NC H O I X Q U I A U J O U R D H U I S E PA I E PA R L A D I S PA R I T I O N P R O G R E S S I V E D E C E S L I E U X D EC R AT I O N .

    L Y O N N A P A SL A F I B R E

    A L T E R N A T I V E

    L yon na jamais t une ville alternative .Denis Trouxe, ancien adjoint munici-pal la Culture de 1995 2001, est cat-gorique : Les cultures alternatives nont jamais tdactualit Lyon. La ville na sans cesse fait que rat-traper son retard dans ce domaine . Pour autant,il ne blme pas Lyon. Pour lui cette mise lcartdes cultures alternatives est mettre lactif de lasurvalorisation dune culture plus institutionna-lise, reconnue partout dans le monde : Cest unequestion de budget. Lyon possde des quipements telsque lOpra ou des thtres. Tout a a un cot de fonc-tionnement, ds lors il ny a plus assez dargent pourdautres formes de cultures moins institutionnelles ,explique Denis Trouxe. Bien sr, depuis une quinzaine dannes, des lieuxexistent pour faire vivre cette culture libre . LesNouveaux territoires de lart (NTA, voir enca-dr), un temps oublis, ont ressurgi du pass audbut des annes 2000. Marseille en a t la pion-nire, dautres ont suivi par la suite. Lobjectif deces lieux est simple : proposer une approche dif-frente de lenvironnement urbain, avec une pri-se en main spontane par des artistes de lieux lais-ss labandon. Lyon, le symbole de ces NTAse nomme la friche RVI (voir pages 8 & 9). Or cepoint dancrage des cultures alternatives lyonnai-ses, squatt par de nombreux artistes depuis 2002,est vou disparatre en janvier prochain.

    AUX OUBLIETTES. Avant cela, dautres lieux sym-boles sont galement tombs aux oubliettes, li-mage des premires Subsistances crs en 1997,et du Pez Ner Villeurbanne, un des embl-mes en matire de musiques alternatives dans lecourant des annes 1990 (qui a d fermer ses por-tes en 2001). Le Caf Musik, sur les pentes de laCroix-Rousse, a connu le mme sort en 2003.

    Une situation accablante qui nest pourtant pas nou-velle. Au dbut des annes 50, il y a avait seule-ment le thtre des Clestins. Un vritable dsertculturel , lance Denis Trouxe, avant dajouter : Lvolution dans le temps des cultures alternatives Lyon est plate et linaire. La ville a quelques foissauv lhonneur par certaines initiatives, mais sansrelle conviction .

    DES RAISONS DESPRER. Et pour que les cul-tures alternatives (re)nassent Lyon, lancienadjoint ne voit quune solution : Le changementne peut venir que des artistes eux-mmes. Il fautquils bousculent les lignes et la socit, cest commea que les choses avancent. Marseille, ce sont lesartistes qui ont pris possession de lespace public, etpersonne ne les a dlogs depuis. Et ce nest pas unhasard si elle sera capitale europenne de la cultureen 2013 . Une vision partage par la rdactriceen chef du magazine No Dogs, Estelle Duquenois : Sans lieux phares pour dvelopper des mouvementsartistiques, jai un peu peur que les cultures alternativesne viennent mourir. En tout cas, elle naurontjamais un vritable poids ici . Pourtant, tout nest pas noir dans le microcosmedes cultures alternatives lyonnaises. Dautres sec-teurs semblent sen sortir mme mieux quavant, limage de la littrature : Il y a pas mal de mai-sons ddition qui se

Search related