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  • AristoteSeconds AnalytiquesTraduction (1939) J. Tricot (1893-1963)

    ditions Les chos du Maquis, v.: 1,0, janvier 2014.

  • Note sur cette dition" 8Introduction" 9Livre I - " 101 (71a - 71b) " 102 (71b - 72b) " 113 (72b - 73a) " 144 (73a - 74a) " 186 (74b - 75a) " 197 (75a - 75b)
  • 12 (77a - 78a) " 3619 (81b - 82a) " 3620 (82a)
  • 25 (86a - 86b) " 4826 (87a) " 5028 (87a - 87b) " 5232 (88a - 88b) " 5333 (88b - 89b) " 5434 (89b)
  • 5 (91b - 92a) " 627 (92a - 92b) " 7013 (96a - 97b) " 7314 (98a) " 7715 (98a) "7817 (99a - 99b) " 79

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  • 18 (99b) " 8119 (99b - 100b)
  • AristoteSeconds AnalytiquesTraduction (1939) J. Tricot (1893-1963)

    ditions Les chos du Maquis, v.: 1,0, janvier 2014.

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  • Note sur cette dition

    Il s'agit du texte intgral de la traduction de Tricot (traduction de 1939).Nous reproduisons l'Introduction du traducteur, mais non pas la Bibliographie,

    devenue trop incomplte avec le passage des annes.Pages 1112a et Lignes 25 ont t intercales selon les rfrences

    traditionnelles.Nous reproduisons la signaltique employe par Tricot : les crochets [...]

    indiquent un passage douteux ou interpol ; les une addition rendue ncessaire pour le sens.

    Les (ou de Livre) ne figurent pas dans les manuscrits; ce sont des ajouts de Tricot.

    Nous avons ajout entre crochets et en italique [] certains termes originaux qui nous ont sembl dignes d'une attention particulire.

    Les termes grecs sont prsents sans accents et esprits afin de maximiser la compatibilit avec les diffrents appareils de lecture.

    Parmi les trs nombreuses notes que contient l'dition de Tricot, nous avons conserv uniquement, en tout ou en partie, celles qui fournissaient des indications essentiellement informatives.

    Toutes les notes sont du traducteur, sauf indication contraire; (N.d..) signifie que la note est de nous.

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  • IntroductionLes Seconds Analytiques, dont nous prsentons ici la traduction,

    constituent la pice matresse de l'uvre logique d'Aristote. Les Premiers Analytiques exposaient seulement les conditions formelles auxquelles toute preuve est subordonne ; il restait appliquer la mthode syllogistique, en vrifier la fcondit dans le domaine de la dmonstration. Tel est l'objet que s'est propos Aristote dans l'ouvrage que les commentateurs appellent indiffremment , ou : il s'agit, en effet, de la science dmonstrative, considre en elle-mme, qui est fonde sur des prmisses ncessaires, et qui aboutit, par la connaissance analytique de la cause, des conclusions galement ncessaires.

    L'authenticit du trait n'a pas t mise en doute. Bien qu'il apparaisse, certains gards, moins achev que les Premiers Analytiques, il est manifestement postrieur aux Topiques, dont il contredit expressment certaines affirmations et qu'il cite plusieurs reprises. D'autre part, l'incertitude de la pense d'Aristote sur des points essentiels de la doctrine (notamment sa thorie des causes) montre clairement que les Seconds Analytiques ont t composs avant les grands traits de la dernire priode.

    Un expos gnral de la logique de la dmonstration nous parat hors de propos, pro libri consilio. On voudra bien se reporter l'ouvrage classique de H. Maier, Syllogistik des Aristoteles, Tubingue, 3 volumes, 1896-1900, et aux pages pntrantes de J. Chevalier, La notion du ncessaire chez Aristote et chez ses prdcesseurs, Paris, 1915, p. 98-189. On peut encore consulter utilement le rsum scolaire, mais gnralement fidle, de Gredt, Elementa philosophiae aristotelico-thomisticae, tome l, p. 173 et suivantes.

    J.T.

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  • Livre I - < Thorie de la dmonstration >1 (71a - 71b) < Ncessit de connaissances prexistantes >

    71a Tout enseignement donn ou reu par la voie du raisonnement []1 vient d'une connaissance prexistante. Cela est manifeste, quel que soit l'enseignement considr : les sciences mathmatiques s'acquirent de cette faon, ainsi que chacun des autres 5 arts []. Il en est encore de mme pour les raisonnements dialectiques, qu'ils se fassent par syllogismes ou par induction ; les uns comme les autres, en effet, tirent leur enseignement de connaissances prexistantes : dans le premier cas, c'est en prenant les prmisses comme comprises par l'adversaire, dans le second, c'est en prouvant l'universel par le fait que le particulier est vident. C'est encore de la mme faon que les arguments rhtoriques2 produisent la persuasion, car ils usent soit d'exemples, 10 ce qui est une induction, soit d'enthymmes, ce qui n'est pas autre chose qu'un syllogisme.

    La prconnaissance requise est de deux sortes. Tantt, ce qu'on doit prsupposer, c'est que la chose est ; tantt, c'est ce que signifie le terme employ qu'il faut comprendre ; tantt enfin ce sont ces deux choses la fois. Ainsi, dire que pour toute chose la vrit est dans l'affirmation ou dans la ngation, c'est poser que la chose est ; d'autre part, nous posons que triangle signifie telle chose ; enfin, 15 s'il s'agit de l'unit, nous posons la fois les deux choses, savoir, le sens du nom et l'existence de la chose. C'est qu'en effet chacun de ces cas n'est pas d'une gale vidence pour nous. Et il est possible qu'une connaissance rsulte tant de connaissances antrieures que de connaissances acquises en mme temps qu'elle, savoir les choses singulires qui tombent sous l'universel et dont on possde par l mme la connaissance. En effet, la proposition tout triangle a ses angles gaux deux angles droits est une connaissance 20 prexistante, mais la proposition cette figure-ci, inscrite dans le demi-cercle, est un triangle n'a t connue qu'au moment mme o l'on induit (car certaines choses s'apprennent seulement de cette faon, et ce n'est pas par le moyen terme qu'on connat le petit terme : ces choses sont toutes les choses singulires et qui ne sont pas affirmes de quelque sujet). Avant d'induire ou de tirer la conclusion du 25 syllogisme, il faut dire sans doute que, d'une certaine faon, on la connat dj, et que, d'une autre faon, on ne la connat pas. Si on ne connaissait pas, au sens absolu du terme, l'existence de ce triangle, comment

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    1 (...) L'enseignement dianotique s'oppose l'acquisition par l'intuition sensible ou par l'intuition intellectuelle (donne par le ). Ce n'est pas autre chose que la dduction syllogistique, laquelle se ramne toute science dmonstrstive. 2 Cf. Premiers Analytiques, II, 24 (exemple) et 27 (enthymme).

  • pourrait-on connatre, au sens absolu, que ses angles sont gaux deux angles droits ? En fait, il est vident que la connaissance a lieu de la faon suivante : on connat universellement, mais au sens absolu on ne connat pas. Faute de cette distinction, on tombera dans la difficult souleve par le Mnon3 : ou bien on n'apprendra rien, ou bien on 30 n'apprendra que ce qu'on connat. On ne peut pas, en effet, accepter la solution que certains proposent < du sophisme suivant >, Sais-tu, ou ne sais-tu pas, que toute dyade est paire ? < demande-t-on >. La rponse tant affirmative, on prsente l'interlocuteur une dyade dtermine qu'il ne pensait ni exister, ni par suite tre paire. La solution propose consiste dire qu'on ne sait pas que toute dyade est paire, mais seulement que tout ce qu'on sait tre 71b une dyade est pair. Pourtant le savoir porte sur ce dont on possde la dmonstration ou dont on a admis la dmonstration. Or la dmonstration qu'on a admise porte, non pas sur tout triangle ou tout nombre qu'on sait tre triangle ou nombre, mais, d'une manire absolue, sur tout nombre et tout triangle. En effet, on ne prend jamais de prmisse telle que 5 le nombre que tu sais tre nombre ou la figure rectiligne que tu sais tre figure rectiligne, mais bien des prmisses s'appliquant au nombre ou la figure en gnral. Tandis que rien, j'imagine, n'empche que ce qu'on apprend, en un sens on le connaisse, et en un autre sens on ne le connaisse pas. L'absurdit consiste, non pas dire qu'on connat dj en un certain sens ce qu'on apprend, mais dire qu'on le connat dans la mesure et de la faon qu'on l'apprend4.

    2 (71b - 72b) < La Science et la Dmonstration >

    Nous estimons possder la science d'une chose d'une manire absolue, et non pas, la faon des Sophistes, 10 d'une manire purement accidentelle5, quand nous croyons que nous connaissons la cause par laquelle la chose est, que nous savons que cette cause est celle de la chose, et qu'en outre il n'est pas possible que la chose soit autre qu'elle n'est. Il est vident que telle est la nature de la connaissance scientifique ; ce qui le montre, c'est l'attitude aussi bien de ceux qui ne savent pas que de ceux qui savent : les premiers croient se comporter comme nous venons de l'indiquer, et ceux qui savent se comportent aussi en ralit de cette mme faon. Il en 15 rsulte que l'objet de la science au sens propre est quelque chose qui ne peut pas tre autre qu'il n'est.

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    3 80e. Cf. Premiers Analytiques, II, 21, 67a 9 et ss. (...)4 Cf. Premiers Analytiques, II, 21. (...)5 Sur l'accident et l'impossibilit d'une science de l'accident, qui serait une science du non-tre, cf. Mtaphysique, E, 2, 1027a 5 ; K, 8, 1064b 27 et ss. (...)

  • La question de savoir s'il existe encore un autre mode de connaissance sera examine plus tard6. Mais ce que nous appelons ici savoir c'est connatre par le moyen de la dmonstration. Par dmonstration j'entends le syllogisme scientifique, et j'appelle scientifique un syllogisme dont la possession mme constitue pour nous la science. Si donc la connaissance scientifique consiste bien en ce que nous 20 avons pos, il est ncessaire aussi que la science dmonstrative parte de prmisses qui soient vraies, premires, immdiates, plus connues que la conclusion, antrieures elle, et dont elles sont les causes. C'est ces conditions, en effet, que les pri