Korsybski Science and Sanity

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  • 8/12/2019 Korsybski Science and Sanity

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    SCIENCE AND SANITY

    Alfred Korsybski

    CHAPITRE III

    INTRODUCTION

    Et en ce qui concerne la structure relle, fondamentale, biologique de notre socit et en dpit d'unecroissance formidable de sa taille et de tout le rafistolage auquel on l'a soumise, nous sommes encore peu prs au mme stade infantile. Mais si les fourmis ne sont pas dcourages de n'avoir produitaucune nouvelle invention ou convention sociale en 65 millions d'annes, pourquoi le serions-nous sicertaines de nos institutions et de nos castes n'ont pas t capables de dvelopper une seule nouvelleide pendant les cinquante derniers sicles ?

    WILLIAM MORTON WHEELER

    Les anciens qui dsiraient mettre en valeur une vertu illustre travers l'empire ont commenc parordonner correctement leur propre tat. Souhaitant ordonner correctement leur propre tat, ils ontcommenc par rgulariser leur famille. Souhaitant rgulariser leur famille, ils ont commenc cultiverleur propre personne. Souhaitant cultiver leur propre personne, ils ont commenc par rectifier leurcur. Souhaitant rectifier leur cur, ils ont commenc par chercher la sincrit dans leurs penses.Souhaitant tre sincres dans leurs penses, ils ont tendu leur savoir au suprme degr; et cetteextension du savoir a rsid dans l'examen des choses. Les choses ayant t examines, le savoir estdevenu complet. Leur savoir tant complet, leurs penses ont t sincres. Leurs penses tantsincres, leur cur a t rectifi. Leur cur tant rectifi, ils ont cultiv leur personne. Leur personneayant t cultive, leur famille fut rgularise. Leur famille tant rgularise, leur tat fut correctementgouvern. Leur tat tant correctement gouvern, tout leur empire se tranquillisa et s'harmonisa. Del'empereur jusqu' la masse du peuple, tous doivent considrer la culture de la personne comme tantla racine de toutes choses.

    CONFUCIUS

    Mon service au front pendant la Guerre Mondiale et une connaissance approfondie des conditions devie en Europe et aux tats Unis d'Amrique m'ont convaincu de la ncessit d'une rvisionscientifique de toutes les notions que nous avons sur nous-mmes. L'examen a rvl qu'en ce quiconcerne toutes les disciplines traitant des affaires humaines, celles-ci ne reposent pas sur unedfinition de l'homme, ou bien si elles en ont une, cette dfinition est formule dans des langagesmtaphysiques, lmentalistes, de type sujet-attribut, qui sont dpourvus de scientificit et se rvlenten fin de compte nuisibles du point de vue smantique.

    Comme nous ne disposons actuellement d'aucune science gnrale de l'homme embrassant toutessesfonctions, y compris le langage, les mathmatiques, la science et les maladies "mentales", j'ai cru utilede donner naissance une telle science. J'ai entrepris cette tche avec mon livre "Manhood ofHumanity", et je l'ai poursuivie dans le prsent volume. Le choix d'un nom pour une telle science estdlicat. Le seul nom vritablement appropri, "Anthropologie", est dj utilis pour reprsenter unediscipline fondamentale d'une grande validit, sans laquelle mme la psychiatrie moderne seraitinexistante. Ce terme est prsent employ dans un sens restreintpour dsigner l'histoire naturelle

    animalire de l'homme, en ngligeant le fait que l'histoire naturelle de l'homme doit inclure desfacteurs qui n'existent pas dans le monde animal, mais qui sont ses fonctions naturelles, telles que le

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    langage et la structure de celui-ci, l'laboration de ses institutions, de ses lois, de ses doctrines, de lascience, des mathmatiques, qui conditionnent son environnement, ses ractions smantiques.,qui, leur tout, influencent et dterminent son dveloppement.

    Nous voyons que l'"histoire naturelle" des animaux est trs diffrente, en raison de sa structure, d'unefuture "histoire naturelle" scientifique de l'homme, cette diffrence structurelle tant trs rarement

    perue dans sa globalit. Je propose, donc, d'appeler la trs prcieuse Anthropologie existanteAnthropologie Restreinte, et d'appeler ma science gnralise de l'hommeAnthropologie Gnrale, demanire inclure toutesses fonctions naturelles, dont celles qui constituent l'Anthropologie Restreintereprsenteraient un sous-ensemble.

    Une telle Anthropologie Gnrale ainsi dfinie serait trs diffrente de celle, restreinte, que l'onconnat dj. Elle inclurait toutes les disciplines d'intrt humain sous les angles spcifiques del'anthropologie et de la smantique Trs souvent une discipline anthropologique - par exemple lapsycho-logique anthropologique, la sociologie anthropologique, le droit, l'histoire, ou la"philosophie" anthropologique - se rvlerait comme une discipline comparative. Celles-ci devraientncessairement employer un langage de structure quadri-dimensionnelle, ce qui ncessiterait, commeprliminaire, une rvision fondamentale de la structure du langage qu'elles utilisent. Ce facteursmantique a jusqu'ici t compltement nglig.

    Il faut admettre ouvertement que la prsente investigation a fourni des rsultats tonnants tout faitinattendus. Dans mon "Manhoodof Humanity", j'ai dfinifonctionnellementl'homme comme dot dela capacit de lier le temps, dfinition reposant sur une observation fonctionnelle non-lmentaliste,selon laquelle l'espce humaine diffre des animaux en cela que, globalement, chaque gnrationhumaine, au moins potentiellement, peut commencer l o la prcdente s'est arrte . Cette dfinition,dans le langage de cette structure spcifique, est concise, et correspond aux faits empiriques. Nousdevrions noter, galement, que dans le cas de tribus primitives qui n'ont apparemment pas progressd'un iota pendant des milliers d'annes, nous dcouvrons toujours, parmi d'autres raisons, desdoctrines ou des croyances qui proclament avec beaucoup d'efficacit, souvent au prix de la vie desindividus (qui sont toujours responsables du progrs en gnral), que tout progrs ou toute ruptureavec des habitudes vnrables ou des prjugs est un "pch mortel" ou quelque chose de ce genre.

    Mme en ce qui nous concerne, nous ne sommes pas librs de telles propensions smantiques. Hierencore, historiquement parlant, la "sainte inquisition" condamnait des scientifiques au bcher, ou lesrduisait au silence. La dcouverte du microscope ou du tlescope, par exemple, a t longtempsretarde car l'inventeur, de peur des perscutions des prtres, apprhendait de rdiger ses dcouvertesscientifiques en langage clair. Il n'y a que quelques annes qu'on a dcouvert qu'il les crivait en textescods. Les malades peuvent aisment comprendre ce que notre science en gnral, et la sciencemdicale en particulier, pourrait tre aujourd'hui sans le zle sacr des ennemis puissants de la sciencequi ont, avec une vhmence impitoyable, sponsoris l'ignorance, les anciennes ractionssmantiques, et en consquence, la maladie.

    Dans certains pays, encore aujourd'hui, la science est perscute, et l'on tente d'affamer desscientifiques, une invention souvent tout aussi efficace que de les brler sur le bcher, et dont le

    procs de Tenessee et d'autres sont des illustrations. Mais en dpit de toutes ces tendances primitivessmantiques, qui sont malheureusement souvent trs efficaces, la capacit gnrale de l'homme lierle temps demeure inaltre, bien que son taux soit ralenti par l'ignorance de ceux qui contrlent nossymboles - les mots, l'argent, .

    La faillite dans la comprhension de ces problmes repose fondamentalement sur le fait que, jusqu'maintenant, nous ne disposions d'aucune dfinition scientifique fonctionnelle non lmentaliste del'homme; nous n'avons pas non plus entrepris d'investigation scientifique sur la "nature humaine" entant que telle, ce qui est impossible si nous ngligeons les ractions smantiques. Nous devrions noussouvenir qu' cette poque de la commercialisation, nous gratifions de revenus importants ceux quiprchent avec un zle effrn combien la nature humaine est "mauvaise", et qui nous dcrivent toutessortes de catastrophes menaant les individus qui se passent de leurs services.

    A la lumire d'une investigation moderne, les questions qui prcdent se posent avec une acuitparticulire. Ou bien ces aptressont conscientsque ce qu'il promettent n'a qu'une valeur illusoire, et

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    ils souhaitent conserver leurs revenus, ou bien ils vivent dans des mondes illusoires, et une humanitcense devrait s'en proccuper srieusement. Dans un cas comme dans l'autre, ils ne sont pas dignesde confiance et sont inaptes assumer plus longtemps la charge du dveloppement futur de la cultureet de l'avenir de l'humanit. Tt ou tard, nous devrons nous confronter vritablement cette situation,en raison du nombre de facteurs en jeu dans le domaine de la sant humaine.

    Mon livre "Manhood of Humanity" montre comment les canons de ce que nous appelons"civilisation" ou "civilisations" sont bass sur des gnralisations animalires tires des faitsmanifestes de la vie des vaches, des chevaux, des chiens, des cochons., et qui sont appliqus l'homme. Bien entendu, de telles gnralisations rsultent de donnes insuffisantes. Lesgnralisations taient ncessairement primitives, superficielles; et quand elles taient appliquespratiquement, elles engendraient inluctablement des effondrement priodiques. Aucun pont netiendrait debout ou ne pourrait mme tre construit, si nous tentions d'appliquer les rgles dessurfaces aux volumes. Les rgles ou gnralisations diffrent dans les deux cas, si bien que lesrsultats d'une telle confusion smantique sont obligatoirement dsastreux pour nous tous.

    La recherche prsente a commenc avec l'investigation de la diffrence spcifique entre l'animal etl'homme; savoir le mcanisme du lien temporel. Cette analyse, en raison de la structure diffrente dulangage utilis, devait tre mene en toute indpendance et sur de nouvelles bases. Les rsultats sont,dans beaucoup de cas, nouveaux et inattendus, y compris pour moi-mme, et ils dmontrentimmanquablement que