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crise financiere internationale

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Text of crise financiere internationale

  • Document de Travail N DT/11/01 Mars 2011

    Description et analyse de l'action des banques centralesdans le cadre de la crise financire internationale de 2007

    Quels enseignements pour la Banque Centraledes tats de lAfrique de lOuest ?

    par Nasser ARY TANIMOUNE, Professeur adjoint, Universit dOttawa

    tude soumise la Direction de la Recherche et de la Statistique de la BCEAO.

  • Les opinions mises dans ce rapport nengagent que son auteur. Elles ne sauraient impliquer daucune faon, ni linstitution daffiliation, ni linstitution commanditaire.

  • Sommaire

    Rsum...................................................................................................................................5

    Introduction...........................................................................................................................8

    I. La crise financire de 2007 : du local linternational..................................................9I.1 : Contexte et gense..........................................................................................................9I.2 : volution et propagation de la crise au sein des systmes financiers..........................17

    II : La gestion de la crise de 2007......................................................................................21II.1 : Les banques centrales luvre...................................................................................21II.2 : Les soutiens et les plans de relance des pouvoirs publics...........................................30

    III : Quels enseignements pour la BCEAO ?...................................................................32III.1 : Des mesures proactives..............................................................................................35III.2 : Avec des quipes mixtes de recherche.......................................................................39

    Conclusion............................................................................................................................42

    Adresses lectroniques des sites web des banques centrales slectionnes....................45

    Table des illustrations.........................................................................................................45

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  • Rsum

    La crise financire, commence en 2007 aux Etats-Unis, sest dabord propage dans les

    pays industrialiss, avant datteindre les pays mergents. Partie de la baisse des prix dans le secteur

    de limmobilier amricain baptis crise des subprimes , cette crise sest transforme la fin de

    2008 en une crise conomique affectant pratiquement tous les pays. Son ampleur dvastatrice,

    surpassant celle de la Grande Dpression de 1929, a rvl des aspects de lintermdiation

    bancaire dont les contours et les impacts ont t jusqu lors largement sous-estims. Il s'agit de

    ltat trs avanc de la libralisation financire, le dveloppement des mcanismes complexes

    dendettement des intermdiaires financiers et limportance de la mondialisation des activits

    financires. En ce qui concerne le premier aspect, lvolution de la libralisation financire a

    permis aux banques daligner leurs conditions de financement sur celles des marchs boursiers.

    Cependant, elle a aussi fragilis les intermdiaires bancaires en les rendant plus vulnrables aux

    chocs des marchs financiers, notamment aux variations des taux dintrt. S'agissant du second

    aspect, le dveloppement de lingnierie financire, de plus en plus labore, a rendu possible une

    offre accrue de financement une clientle haut risque ou ne prsentant pas les garanties

    ncessaires. Toutefois, avec lengouement gnralis pour la titrisation, ces financements tendus

    des secteurs et des dbiteurs ayant des fortes probabilits de dfaut de paiement se sont avrs

    trs risqus. Pour ce qui est de la mondialisation, la crise de 2007 a rvl limportance des effets

    de contagion pouvant affecter les systmes financiers lchelle mondiale.

    La conjonction de ces faits, combine une rgulation prudentielle laxiste, a mis en exergue la

    porte d-structurante sinon destructrice du modle de financement des conomies plus

    libralises. En effet, avec le dveloppement des actifs dits toxiques et la crainte des institutions

    bancaires de sen retrouver dtentrices, il sen est suivi une paralysie du march interbancaire.

    Lampleur et la contagion de la crise financire ont t proportionnelles dune part, lexposition

    des mnages et des entreprises et dautre part, au degr dimbrication des systmes financiers

    lchelle mondiale. Les places financires des pays de lOrganisation de Coopration et de

    Dveloppement Economiques (OCDE) ont t les premires tre affectes par cette situation.

    Puis, ce sont les pays mergents qui ont t atteints par les contrecoups de la crise initiale des

    subprimes. En loccurrence, dans le cas de ces pays, il ne sagissait pas tant de la faillite de leur

    systme financier que des rpercussions sur leurs productions nationales et leurs changes

    internationaux.

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  • Par ailleurs, la crise financire de 2007 a amen les banques centrales revoir leurs modalits

    traditionnelles de fonctionnement. Elle a ainsi ouvert la voie de nouvelles formes dintervention

    et de gouvernance de la politique montaire, appeles mesures non conventionnelles. Elles sont

    principalement de trois ordres. Dabord, il y a le credit easing . Il sagit dune mesure

    dintervention indirecte de la banque centrale. Cette dernire se substitue aux institutions

    financires pour financer indirectement les conomies. En loccurrence les banques centrales ont

    largi le refinancement et lachat des actifs financiers. Ensuite, il y a la fixation et le maintien des

    taux directeurs au niveau zro dans le but dancrer les anticipations des mnages et des entreprises.

    Les incertitudes sur les taux courts et longs devenant ainsi limites, cette mesure devait se traduire

    par une faible pression sur les rendements des titres financiers. Enfin, la troisime srie des

    mesures de politiques montaires non conventionnelles a trait la collaboration entre les banques

    centrales. En effet, les banques centrales ont innov travers des collaborations indites

    concernant dune part, la fourniture de liquidits en devises des banques trangres implantes

    dans leurs juridictions montaires et dautre part, la fixation concerte des taux directeurs.

    Lensemble des mesures adoptes par les banques centrales devait permettre de garantir un

    minimum dintermdiation bancaire, de prserver la solvabilit des systmes bancaires et de

    limiter le risque de contagion financire grande chelle, ainsi que la rcession conomique.

    Sur le plan de l'efficacit de ces mesures, il est raisonnable de penser que les effets des politiques

    montaires de sortie de crise auraient sans doute t largement limits sans le soutien des autorits

    publiques. En effet, lactivisme des banques centrales, conventionnel ou non, a t complt par de

    vastes programmes de soutiens aux institutions financires et de relance budgtaire par les

    autorits publiques. Lampleur de ces interventions a t proportionnelle au degr dexposition des

    conomies aux consquences de la crise. Notamment, elles furent trs importantes dans les pays de

    lOCDE et dune moindre mesure dans les pays africains.

    Dans le cas spcifique de lUnion Economique et Montaire Ouest Africaine (UEMOA), les

    banques y ont t plus ou moins pargnes par la crise financire de 2007. Deux raisons peuvent

    expliquer cette situation. Dune part, il y a limplication trs limite voire quasi inexistante des

    marchs boursiers dans les activits dintermdiation des banques dans la zone. Dautre part, les

    contrles prudentiels de la Commission Bancaire de l'UMOA, pour le moins adapts au niveau de

    dveloppement des systmes bancaires, semblent avoir t efficaces, du fait quaucune prise de

    risques excessifs par les banques na t observe dans la zone. A cela sajoutent, dans une

    certaine mesure, les innovations de la Banque Centrale des Etats de lAfrique de lOuest (BCEAO)

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  • pour contenir lemballement financier des banques qui semble avoir t davantage psychologique

    que structurel dans la zone. Au nombre de ces innovations, pour lessentiel, on peut retenir : la

    mise en place dune structure de veille de crise, labaissement progressif des taux directeurs, la

    mise disposition des banques dune liquidit suffisante et surtout, linstauration dun dialogue

    permanent direct avec les principales autorits des banques de lUnion montaire.

    Pour autant, la lumire des mesures correctrices apportes par les banques centrales dans le

    monde, des pistes de rflexion pourraient tre explores par les autorits montaires de lUnion.

    Quatre dentre elles ont t retenues pour leurs pertinences dans lUEMOA : les fonctionnements

    des institutions de crdits ; les canaux de transmission de la politique montaire ; le renforcement

    du policy-mix et enfin, lvaluation de la politique montaire et financire aprs les grandes

    rformes de 1989 et 1993.

    Ces rflexions pourraient tre menes par des quipes mixtes de recherche (EMR), chacune

    compose dun chercheur ou dun universitaire et, titre de co-responsable du projet de recherche,

    dun cadre de la direction de la recherche de la BCEAO. En effet, les

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